• Je préfère comme ça...

     photo Francesco Pagni ©

     

    "Je préfère comme ça, qu'il n'y ait rien à faire, seulement rester assis, à regarder la fin de la pluie..."

     

     

    on peut retrouver Francesco ici : My Blow Up

    et sa play-liste ici : Youtube 


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    Le cinéma de Fellini n’a jamais rien raconté, ou si peu. La Dolce Vita, un de ses films les plus célèbres avec 8 1/2, ne déroge pas à la règle. Fellini nous offre d’emblée de suivre les facéties et extravagances du personnage principal de son film. En effet, Marcello, incarné avec toujours autant d’intériorité et de minimalisme par Marcello Mastroianni, se déplace dans l’espace comme le spectateur qui découvre le film. Ceci est d’autant plus frappant que son métier de journalisme lui impose d’être constamment aux aguets, à l’affût du moindre détail croustillant. 

    A la fin des années 60, Federico Fellini s'interroge sur la place du cinéma dans un monde en pleine mutation. Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, entre 1966 et 1971, auteur d'essais sur le cinéma et la transformation de la société française au terme des sixties, Jean-Louis Comolli se penche sur l'oeuvre de Fellini à cette époque. Jean-Paul Mangarano, auteur de «Federico Fellini, romance», décrypte La Dolce Vita et 8 1/2, deux des films du cinéaste. 

    De :Jean-Louis Comolli A Federico Fellini, romance d'un spectateur amoureux.

    Après avoir vu par hasard ce "film-documentaire" j'ai re-visionné La Dolce Vita et il m'a semblé que je voyais ce film-culte pour la première fois ! Jean-Louis Comolli est un personnage extraordinaire, un érudit cinéphile, qui fait de l'oeuvre de Fellini une analyse très intéressante, en compagnie de Jean-Paul Manganaro, professeur de littérature italienne...

     

     

     

     

     


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    Amalassunta...

     

    "Paysage fantastique, la chèvre"  

     

    "Ho fatto tutto quello che potevo per fare della buona pittura. Poi ho cominciato a dubitare. Dubitare non è una debolezza, ma è un lavoro di forza, come forgiare, diceva Cartesio."  

    Osvaldo Licini (1894-1958) 

    (J'ai tout fait pour bien peindre. Puis j'ai commencé à douter. Douter n'est pas une faiblesse, mais un travail de force, comme de forger, a déclaré Descartes.)

     

    ***

    La première phase figurative des années 1920, fut inspirée par les paysages des Marches, ces collines sur lesquelles Licini est régulièrement revenu dans sa peinture, comme le montre le tableau ci-dessus (Paesaggio fantastico "Il capro")

    Dans les années 1930, Licini se tourna vers le travail non figuratif et prit part au ferment culturel de Milan, moteur de l'abstraction et du rationalisme italiens.

    Même dans ces œuvres, nous pouvons entrevoir la prochaine étape d’un voyage artistique consacré à la fantaisie et à la poésie. Au moment où il a pris sa retraite définitive dans son pays d'origine - Monte Vidon Corrado - avec son épouse suédoise, il crée ici une cour de reines, d'anges, de rebelles et de personnages flottants. L'art devient une poésie perturbatrice aux couleurs vives, aux contours marqués et aux contrastes de coups de pinceau, une dimension parallèle qui enchante le spectateur.

    Enfin, Licini vole libre dans un univers imaginaire dans lequel il se trouve, un lieu recherché depuis longtemps, comme on peut déjà le comprendre dans les phases picturales précédentes. L'artiste-poète propose une narration peuplée de ses personnages les plus aimés : Amalassunta, la lune, le Hollandais volant et les anges rebelles. Les personnages se poursuivent le long des différentes toiles, sont des souvenirs d'humanité entremêlés d'anciens mythes, de danses libres et légèrement irrévérencieuses qui nous accompagnent et nous accompagnent à travers cet univers délicat, difficile à oublier.

     

     

     

    sources : poésie et fantaisie d'Osvaldo Licini

    Un parcours dans l'Art, à travers la création et la modernité


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    "Il n’y a qu’une seule Humanité et qu’une Terre ». Ce que dit le philosphe Edmund Husserl, Sebastião Salgado l’illustre à la perfection par une vie de photographies.

    En juillet 2008, le magazine Géo consacrait un article, non pas au photographe Sebastião Salgado mais au projet pharaonique entrepris avec son épouse Lélia Wanick Salgado : replanter la forêt primaire mata atlântica sur le domaine légué par son père dans la province de Minas Gerais au Brésil.

    Est sorti fin 2014 "Le Sel de la Terre" un film réalisé par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (fils aîné du couple), véritable coup de projecteur sur une vie hors du commun et un couple exemplaire.

    Né en février 1944 à Aimorés (Minas Gerais) dans une ferme située au milieu de la forêt tropicale, Sebastião Salgado grandit en pleine nature, dans la forêt, parmi les animaux… et 7 sœurs. 35 familles travaillaient et vivaient là en autarcie tout en élevant du bétail. Chaque année, il fallait mener les bêtes à l’abattoir, Sebastião chevauchait alors 45 jours avec les vachers puis il fallait 20 jours pour rentrer ; et pour les porcs, le transport se faisait à pied car il n’y avait ni routes, ni camions ! De la ville, on ne rapportait presque que le tissu (sa mère cousait les vêtements).

    A l’âge de 15 ans, il part à la ville pour y poursuivre des études d’économie. A ce moment-là, le Brésil commence à connaître son développement économique et industriel et devant ce phénomène Sebastião Salgado s’implique dans des mouvements radicaux de gauche. Après le coup d’état, la situation devient de plus en plus compliquée, ce qui le pousse à quitter le pays avec son épouse Lélia Wanick Salgado.

    Le couple pose alors ses valises à Paris en août 1969. Lui poursuit ses études tandis que Lélia étudie l’architecture, raison pour laquelle elle achète un appareil photo. Et là – c’est c’est le cas de le dire, il a le déclic !

    Très éprouvé par la violence des relations interhumaines et celle entre les hommes et l’environnement dont il est témoin en Éthiopie, au Sahel, au Rwanda mais aussi en ex-Yougoslavie, aux portes de l’Europe, Sebastião ne croit plus en l’Humanité.

    "Ce que j’ai pu voir tout au long de ma vie c’est cette incroyable relation entre la dégradation humaine et la dégradation de l’environnement. Elles sont complètement liées. Après de nombreuses années de voyage pendant lesquelles j’ai vu le malheur, j’ai commencé à perdre confiance et j’ai cru que l’espèce humaine fonçait droit dans le mur. A cause du fait que nous sommes des êtres rationnels, nous oublions que nous sommes des animaux, que nous faisons partie de la nature. Cette dichotomie des humains, l’éloignement du fait que nous sommes réellement nature et que nous faisons partie de la planète, a créé une grande complication pour les hommes."

    En plein doute, Sebastião Salgado se demande quel sens donner à sa vie.

    Au même moment, le couple hérite de la propriété familiale, laquelle, à force de déforestation et de piétinement par le bétail, est devenue une terre de désolation. Lélia a alors une idée : faire renaître la forêt primaire et ressusciter ainsi le paradis qu’a connu Sebastião dans son enfance. Dans les années 40, plus de 70% de la région était recouverte de végétation et d’arbres de la forêt atlantique. Début 2000, il n’en restait que 0,5% !

    C’est un projet fou qui consiste à planter 2,5 millions d’arbres. Alors ensemble, ils créent Instituto Terra et frappent à toutes les portes au Brésil, aux États-Unis, en Europe pour récolter des fonds, organisent des ventes aux enchères et se font aider par l’industrie minière brésilienne qui détient des plants.

    Il faut tout apprendre car c’est près de 300 espèces qu’il faut replanter. Les trois premières années, c’est respectivement 80%, 60% et 40% des plants qui sont perdus. Mais le couple ne se décourage pas… 

    "Sous les tropiques, tout pousse vite. Le paysage s’est mis à reverdir. Des perroquets, des ­jaguars, des espèces animales qu’on croyait éteintes ont réapparu. Je voyais renaî­tre le paradis de mon enfance, et la vie est revenue en moi. C’est alors que le projet de Genesis, sur la splendeur de la nature, a commencé à ­germer. Il me faudrait huit années pour le mener à bien, en 4×4, à pied, en montgolfière, en convois de mules… dans les sanctuaires les plus inaccessibles de la planète."

    Sebastião Salgado reprend donc goût à la photographie et le couple se lance dans un nouveau grand projet ; cette fois-ci sur le thème de notre planète, la nature, et ce qu’il en reste encore, malgré les destructions causées par les activités humaines.

    Plutôt que de se montrer alarmiste, il fait le choix de montrer la beauté et la grandeur des endroits encore préservés, les paysages, la vie animale, et bien entendu les communautés humaines qui continuent à vivre selon de très anciennes cultures et traditions.

    Il s’agit de voir, de s’émerveiller et de comprendre la nécessité de préserver tout cela ; et enfin, d’inspirer à l’action pour cette préservation.

    "Si l'humanité veut survivre, elle doit protéger la nature. C'est sans doute banal à dire, mais avec Lélia, on a continué d'agir. Avec Instituto Terra, on a élargi notre projet de reboisement à toute la vallée du rio Dulce, qui a la taille du Portugal ! Le fleuve qui la traverse est condamné par l'extinction progressive des 250 000 sources faute d'arbres. Avec leurs branches, leurs racines, ceux-ci jouent un rôle de rétention, de réservoir d'humidité, de régulateur. Sans eux, pas de sources". Car si on ne fait rien, le fleuve sera sec en 2038 ! Notre plan prévoit la plantation de 70 millions d'arbres. On a commencé et on va y arriver !"

     

     Source : Lelia et Sebastião Salgado, un couple hors norme


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