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    "Comme si j'étais joyeux, je suis revenu. J'ai sonné

    à plusieurs reprises à la porte et attendu...

    J'avais peut-être tardé. Personne ne m'a ouvert.

    Pas un souffle dans le corridor.

    Je me suis souvenu que j'avais les clefs

    de ma maison

    et je me suis excusé de moi-même : 

    Je t'ai oublié. Entre !

    Nous sommes entrés. Dans ma maison,

    j'étais l'hôte et l'invité.

    J'ai regardé le mobilier du vide,

    n'ai trouvé aucune trace

    de moi. Peut-être n'ai-je jamais été là.

    Je n'ai trouvé aucune ressemblance

    dans les miroirs

    Je me suis demandé : Où suis-je ?

    et en vain, j'ai crié pour me réveiller

    de ce délire...

    Je me suis brisé telle une voix qui a roulé

    sur le dallage. Je me suis dit : Pourquoi ce retour ?

    Et je me suis excusé de moi-même : Je t'ai oublié.

    Sors !

    Mais je n'ai pas pu  Je me suis dirigé

    vers la chambre à coucher,

    alors le rêve a couru vers moi,

    m'a enlacé et demandé :

    As-tu changé ? J'ai changé, car mieux vaut mourir

    à la maison qu'écrasé par une voiture

    en chemin vers une place déserte." 

    Mahmoud Darwich

     

    Réalisations d'Ernest Pignon-Ernest (Ramallah, Palestine 2009) 

     

     

    Mahmoud Darwich : "Et nous, nous aimons la vie"


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  • Angelus Novus

     

    "Il existe un tableau de Paul Klee qui s'intitule Angelus Novus. Il représente un ange qui semble sur le point de s'éloigner de quelque chose qu'il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C'est à cela que doit ressembler l'ange de l'Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d'événements, il ne voit, lui, qu'une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines, et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s'attarder, réveiller les morts, et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s'est prise dans ses ailes, si violemment que l'ange ne peut les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l'avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s'élève jusqu'au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès."

    Walter Benjamin, Sur le concept d'histoire. 1940 

     

    source : le très beau site Esprits Nomades

     

     


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  •  

    "La bella ciudad de Granada"

     


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  • Tu mon villatge

     

     

    Une île, entre le ciel et l'eau... mon île...

     

     


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