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    Zeca Afonso

     

     

    "José Manuel Cerqueira Afonso dos Santos, plus connu sous le nom de Zeca Afonso est né le 2 août 1929 à Aveiro (Portugal). Il a vécu, engagé et généreux, une grande partie du XXe siècle portugais. Il a aidé à franchir la frontière de la dictature à la démocratie. Il a élevé la voix contre le fascisme, il a sympathisé avec la lutte des peuples coloniaux pour l'indépendance nationale. Il a subi des persécutions, est passé par les chaînes politiques, a résisté et encouragé tous ceux qui s'opposaient à la dictature. Il chantait la liberté et l'utopie, il voulait en faire une réalité. Il a ajouté sa voix aux multiples volontés collectives, aux espoirs enflammés qui ont surgi dans la période révolutionnaire de 1974-75. C'était un levier de résistance, anticonformiste et insoumis, internationaliste convaincu. Sa voix n'a cessé de s'élever contre la peur, la répression ou l'indignité. Son travail et son action se projettent aujourd'hui, dans l'intemporel."  

    Source : Associação José Afonso (lien à la fin du présent billet)  

    Aujourd'hui, on ne peut pas évoquer la Révolution des Oeillets sans rendre hommage à Zeca, parce qu'il a consacré toute sa vie à la lutte contre la dictature conservatrice salazariste. Mais on ne doit pas oublier qu'il est avant tout un poète, un vrai poète... 

     

    Certains textes de Zeca, inspirés de formes populaires, semblent simples. 

     

    « Mais la poésie populaire a-t-elle jamais été simple ? Pour preuve du contraire, il suffit de prendre l'un des poèmes de Zeca, de nature plus populaire, pour comprendre sa maîtrise formelle et sa densité poétique. Je cite, à titre d'exemple, le 'Canção de embalar' du LP "Cantares do Andandilho" (1968):

    "Mon garçon l'étoile du matin dort / Je l'ai cherchée et je ne l'ai pas vue / Si elle ne vient pas à l'aube / Une autre que je sais sera pour toi / / Une autre que je connais dans la nuit noire / A propos de ton sourire enchanteur / Tu entendras chanter dans les hauteurs / Des chants et des berceuses / / Des berceuses et des ballades / Accorde ta gorge mon chanteur / Quand la lumière s'éteint aux fenêtres / L'étoile du matin perd de son éclat / / Perds l'étoile du matin petite fille/ Si une autre ne vient pas / La nuit, c'est une petite fille/ Laisse-la s'endormir aussi "

    Cette densité que je viens d'évoquer est due à l'utilisation, dans les quatre strophes aux vers de neuf syllabes, de la technique dite leixa-pren * qui reprend des éléments du dernier vers d'une strophe pour les intégrer et les prolonger dans le premier couplet de la strophe suivante. Ainsi naît un tissu textuel dans lequel la fin du poème nous ramène au début. La voix de l'adulte a pour fonction de rassurer l'enfant, de l'accompagner dans son voyage vers le sommeil, mais en même temps les images poétiques acquièrent une autonomie et une grandeur qui dépassent la compréhension du garçon. L'étoile de l'aube, visible à l'aube, est la planète Vénus, aussi appelée étoile du soir, visible à la tombée de la nuit. C'est à elle que la chanteuse délègue la protection de l'enfant et, parce qu'elle n'est pas encore apparue, la remplace. Mais cette substitution, au niveau du texte, est double. Une autre étoile prend la place de l'étoile de l'aube en son absence, car l'enfant, pour ne pas se sentir abandonné la nuit, a besoin, sinon de lumière concrète et réelle, du moins l'idée de permanence. Pour cette raison, la voix du chanteur évoque les chants et les chansons, mettant tout l'univers nocturne au service du garçon et le plaçant dans une sorte de dôme pour que rien de mal ne puisse lui arriver. En promettant l'étoile pour le lendemain matin, il garantit la restitution de l'ordre visible dans lequel évolue l'enfant. L'étoile du matin est le lien entre la nuit et le matin, la plus grande étoile du ciel, d'un point de vue humain, mais à la fin du poème le chanteur la fait petite, à la taille d'un enfant, pour l'intégrer dans son monde d'enfance, comme il fait avec la nuit, transformée en une fille fatiguée.

    La beauté singulière de cette berceuse réside dans la séquence de ses images, dont le point de départ est le petit garçon, pour ensuite évoquer tout l'univers et, finalement, le réduire à la taille d'un enfant : un acte de l'amour s'est transformé en chanson."  Elfriede Engelmayer

    (Texte pour le débat « José Afonso, l'œuvre poétique », dans le cadre de l'initiative « Avec José Afonso, 20 ans sur le chemin », organisée par AJA-Norte (Centre associatif José Afonso) et le Club littéraire de Porto. Porto, CLP , 16 février 2007)

     leixa-pren *  terme médiéval désignant une figure de style caractéristique lyrique galaico-portugaise qu'on retrouve aussi en Provence qui consiste à terminer une strophe en commençant la suivante par les mêmes mots.

     

     

     

    https://ocprotesto.org/dossier-tematico-2/  à consulter absolument : contient la biographie de Zeca, et de belles photos


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  • La belle lumière d'octobre...

     

     

    "Peupliers, champignons de peupliers,

    Rouge le bois, Sylvain !

    Vendanges, nous voilà de retour au pays

    Oiseaux , au ciel si nombreux !

    L’année a filé comme un trait.

     

    Si la vie est un voyage,

    Je vous souhaite très beau temps,

    Du vert, du bleu, des fleurs sauvages,

    Bonne route, Sylvain, Guillaume."

     

     

     


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  • Hommage à Gérard Rémigereau

     

     

     
    Gérard Rémigereau est né en 1948 à Rouen, il passe par les Beaux-Arts de Rouen de 1966 à 1972 avec, dans sa promotion, Emmanuel Lemardelé et Daniel Authouart.
     
    C’était un dessinateur prodigieux. Un passionné de musique et un altruiste. Peu de gens savent qu’il a travaillé avec Emmaüs et le Secours catholique. La carrière de Gérard Rémigereau, Grand Prix de Rouen en 1973 et pilier de la galerie Rollin, s’est composée de quatre périodes : la première fut une boulimie de dessins. Très figurative et charpentée avec beaucoup de nus, de scènes d’ambiance, de ports. Puis en 1977, ce fut la période la plus intellectualisée, symboliste et très prolifique. Celle que la plupart des amateurs connaissent. Après, il est parti en Ariège. Il réalisera de grandes toiles brossées, devant le public, au rythme des vibrations de musiciens et de danseurs. Enfin, ce fut le retour à Rouen après une dépression et un arrêt de cinq ans. Un retour aux sources. Il revient à une peinture pure avec ses acquis. "Une peinture d’atelier très romantique" complète Yves Richard, un ami intime qui se souvient surtout du peintre de l’énergie, « mais avec une fracture, une angoisse. Toujours en recherche d’une réponse qu’il n’aura jamais. Avec la souffrance du créateur. »
     
    "Nous sommes des complices de plusieurs décennies, Gérard REMIGEREAU et moi, mais au fil des ans et des séparations, je suis toujours ébahi de constater combien l'âge n'a pas de prise sur cet artiste, que ce soit artistiquement ou physiquement. Toujours présents et continuels son geste sensuel de la forme, son choix de couleurs brûlantes, sa vision de la nature, des rivages écumants, des villes endormies, sans oublier son dynamisme créatif où règne une pointe de rêve et d'inquiétude de la part de cet éternel jeune peintre, dont l'oeil n'a de cesse d'interroger et la main de transmettre par le trait, la couleur et l'atmosphère. Patient avec son art, obstiné, talentueux au possible, Gérard REMIGEREAU analyse sans cesse, s'enthousiasme spontanément et se referme parfois, rongé par le doute, quel que soit le motif. Avec lui, pas de romantisme spectaculaire, mais de la sensibilité, du vrai, du pur au gré d'une redoutable lucidité, sans illusion parfois, mais sans trouble." André Ruellan, critique d'art.
     
     
    Gérard Rémigereau est décédé à Sarlat en 2017.
     
     

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  • Jean Désiré Bascoulès (1886-1976)

     

     

    Catalan français né à Perpignan le 19 août 1886, Cocteau dit de lui :

    « Bascoulès, cadeau de la France occitane à la Berbérie française ».

     


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