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    La Vie errante (Maupassant et Taormine)

     

     

    "Un homme n'aurait à passer qu'un jour en Sicile et demanderait : "Que faut-il y voir ?" Je lui répondrais sans hésiter : "Taormine".

     

    Ce n'est rien qu'un paysage, mais un paysage où l'on trouve tout ce qui semble fait sur la terre pour séduire les yeux, l'esprit et l'imagination.

     

    Le village est accroché sur une grande montagne, comme s'il eût roulé du sommet, mais on ne fait que le traverser, bien qu'il contienne quelques jolis restes du passé, et l'on va au théâtre grec , pour y voir le coucher du soleil.

     

    J'ai dit du théâtre de Ségeste, que les Grecs savaient choisir , en décorateurs incomparables, le lieu unique où devait être construit le théâtre, cet endroit fait pour le bonheur des sens artistes.

     

    Celui de Taormine est si merveilleusement placé qu'il ne doit pas exister, par le monde entier, un autre point comparable. Quand on a pénétré dans l'enceinte, visité la scène, la seule qui soit parvenue jusqu'à nous en bon état de conservation, on gravit les gradins éboulés et couverts d'herbe, destinés autrefois au public, et qui pouvaient contenir trente-cinq mille spectateurs, et on regarde.

     

    On voit d'abord la ruine, triste, superbe, écroulée, où restent debout toutes blanches encore, de charmantes colonnes de marbre blanc coiffées de leurs chapiteaux ; puis, par-dessus les murs, on aperçoit au-dessous de soi la mer à perte de vue , la rive qui s'en va à l'horizon, semée de rochers énormes, bordée de sables dorés, et peuplée de villages blancs ; puis à droite au-dessus de tout, emplissant la moitié du ciel de sa masse, l'Etna couvert de neige, et qui fume là-bas.

     

    Où sont donc les peuples qui sauraient, aujourd'hui, faire des choses pareilles ? Où sont donc les hommes qui sauraient construire , pour l'amusement des foules, des édifices comme celui-ci ?

     

    Ces hommes-là, ceux d'autrefois, avaient une âme et des yeux qui ne ressemblaient point aux nôtres, et dans leurs veines, avec leur sang, coulait quelque chose de disparu : l'amour et l'admiration du Beau."

     

    Guy de Maupassant (La vie errante)

     

     

     


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    Le secret des grottes ornées.

     

    Quatrième de couverture : 

    « Les fresques animalières des grottes ornées, miraculeusement préservées, nous disent la cosmologie du paléolithique supérieur : durant vingt-cinq mille ans, sur un territoire immense, la représentation des grands animaux n’a pas varié. Pour peu qu’on échappe au diktat matérialiste, où un cheval ne peut figurer qu’un cheval, ce bestiaire des grottes apporte une réponse cohérente à l’effroi des hommes qui ne savaient rien sur le jour et la nuit, la course du soleil, la disparition et la réapparition par morceaux de la lune, les éclairs, l’orage, l’arc-en-ciel, la mort dont ils présumaient qu’elle n’était peut-être pas un arrêt. Le cheval, avant qu’on ne le « domestique » en le contraignant à tirer de lourdes charges, était la figure du soleil…

    Nous avons appelé « évolution » cette frise qui, partant du singe, conduit par « désanimalisation » successive à l’homme triomphant. Le secret des grottes ornées souffle à notre cerveau poétique une tout autre leçon : et si la « part animale » était ce que l’homme avait encore de divin en lui ? » Jean Rouaud

    L'auteur obtient le prix Goncourt pour son premier roman , Les Champs d'honneur (Editions de Minuit, 1990)

     

    L’épopée des « mains d’or » racontée somptueusement par Jean Rouaud, est un véritable baume pour l’esprit… J'ai adoré !

     


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     Photographie © Malules Fernández

     

    L’amitié… Juste un petit signe de la main dans le grand manège tournoyant de la vie…

     


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    De mon cœur un salut à Beyrouth...

      

    La Maison Jaune à Beyrouth

     

    Située sur l’ancienne ligne de démarcation qui séparait la capitale en deux durant la guerre civile, à l’intersection de Sodeco et de la rue de Damas, se dresse fièrement la «Maison jaune», ou l’immeuble Barakat, construit en 1924. Longtemps occupé par les francs-tireurs, le bâtiment porte toujours les marques de l’agression du temps et surtout celles des stigmates de la guerre, que la rénovation a gardées parfaitement intactes.

    C’est en 2003 que la municipalité de Beyrouth a décidé de transformer cet endroit en musée et centre culturel, dédié à la mémoire de la ville. «Ce lieu a plus de 90 ans d’âge. Nous ne lui avons pas fait de lifting. Nous l’avons gardé tel quel et nous l’avons conservé avec ses blessures actuelles dues à la guerre et à la vieillesse. Nous sommes souvent amnésiques dans ce pays et ceci est une initiative pour dire réellement, ‘plus jamais ça’», explique Youssef Haidar, architecte en charge du projet.

    Les meurtrières des francs-tireurs, les graffitis sur les murs, l’impact des balles et des obus, les sacs de sable, les barricades… tout est encore là. Un tour effectué au premier étage permet de prendre conscience de ce que devait être le lieu en ces temps-là. Une rampe remplace les escaliers détruits par les snipers. Le deuxième étage comprend des espaces d’exposition sur le thème de l’histoire; au troisième figurent des espaces d’expositions ouverts, tandis qu’un restaurant doit être aménagé sur la terrasse.

     

     

    « Plus jamais ça ! » mais… Beyrouth est martyrisée plus que jamais…

     

    De mon cœur un salut à Beyrouth...

     

    "À Beyrouth, De mon cœur un salut à Beyrouth

    Et des baisers à la mer et aux maisons,

    À un rocher qui ressemble au visage d'un ancien marin

    Elle est, de l'âme du peuple, du vin, de la sueur, du pain et du jasmin

    Alors comment est devenu son goût

    Un gout de feu et de fumée ?

    Beyrouth, une gloire des cendres

    À Beyrouth, le sang d'un enfant sur sa main

    Ma ville a éteint ses lumières

    Elle a fermé sa porte, elle est restée, le soir, toute seule

    Toute seule la nuit..."

     


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