• "Achille se lamentant sur la mort de Patrocle" Cy Twombly

     

     

    Cy Twombly se forme à l’Art Students League à New York avant de découvrir en 1951, grâce à son ami Robert Rauschenberg, le Black Mountain College. Dans ce climat d’effervescence, il entreprend un travail pictural très personnel, qui étonne encore aujourd’hui par sa force créatrice toujours en alerte. Le début des années 1960 est une période exceptionnellement fertile dans le travail de Cy Twombly, qui s’est installé définitivement en Italie en 1957. Sa peinture est alors tout particulièrement charnelle : la série des cinq « Ferragosto », exécutée pendant la fête du 15 août 1961 à Rome, ou le monumental Triumph of Galatea , également de 1961, en sont des exemples éloquents. À peine un an plus tard apparaît avec insistance le thème de la mort et, bientôt, celui de l’épopée homérique, qui va dès lors inspirer à Twombly des œuvres de tout premier plan, comme la suite en dix parties Fifty Days at Iliam (1977-1978, Philadelphia Museum of Art).

    La scène de L’Iliade qui retient ici l’attention de Twombly est celle qui suit le chant XVI : à la suite d’un désaccord avec le roi Agamemnon, Achille quitte la bataille et se retire dans sa tente tandis que les Troyens commencent à incendier les bateaux grecs. Patrocle, muni des armes d’Achille, repousse l’ennemi, avance jusqu’aux murs de Troie, où il est tué par Hector. Son corps est ramené au camp grec, où Achille donne libre cours à son deuil : c’est cette scène terrible, témoignage magnifique de l’amitié virile, que Twombly traduit dans Achilles Mourning the Death of Patroclus avec une rare économie de moyens. Seules deux formes rouges – deux taches de cette saleté picturale sublime et sanguinaire propre à Twombly  –, comme jetées sur la toile et étalées avec les mains, dominent l’imposant champ pictural. En dessous, l’inscription au crayon raturée, « Achilles Mourning the Death of Patroclus », semble indiquer, par son horizontalité accentuée, la présence fuyante et fugitive d’un corps – dans la tradition du Christ mort de Holbein le Jeune. À la fois exemplaire et singulière, d’une violence tout autant retenue qu’extrême, cette œuvre n’a pas son équivalent dans la production picturale de Twombly.  

    Jonas Storsve  (source : Centre Pompidou )

     

     

     

    "Achille se lamentant sur la mort de Patrocle"

     

    "Achille se lamentant sur la mort de Patrocle"

     

     

    photos eva Expo "Homère" Louvre-Lens 

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  • Commentaires

    2
    Vendredi 26 Juillet à 10:18

    Je ne retrouve pas la célèbre figuration sur un cratère athénien, mais bon, autres temps, autres mœurs.
    Petite confidence, mais chuuut, je vais passer pour un vieux réac, ça aurait bien pu s'appeler toute autre chose...

     

      • Vendredi 26 Juillet à 11:39

        he he c'est aussi l'avis de Jean ! J'ai tenu à photographier ce tableau de Cy Twombly prêté par le Centre Pompidou (que j'adore !) parce que c'était la première fois que je voyais réellement un tableau de Twombly... et par la même occasion j'ai voulu chercher le sens du titre... (ce que je fais rarement)... Mais oui, ça pourrait aussi s'appeler "deux tâches de cette saleté picturale sublime et sanguinaire propre à Twombly" accompagnées d'un gribouillage pseudo culturel... 

        Enfin je citerai malgré tout mon cher Roland Barthes "Tout d'un coup, il m'est devenu indifférent de ne pas être moderne"

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