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    « Mon amour, aujourd’hui j’ai pensé à toi. Bien que tu ne le mérites pas, je dois reconnaître que je t’aime. Comment oublier ce jour où je t’ai demandé pour la première fois un avis sur mes tableaux ? Moi, encore jeune folle, toi, grand seigneur au regard lubrique. Tu m’as donné la réponse que j’attendais, pour ma satisfaction, pour me voir heureuse, sans même me connaître, tu m’as poussée à continuer de peindre. Mon âme s’est souvenue que je t’aimerai toujours malgré le fait que tu ne sois pas à mes côtés… »

    Frida K à Diego (sans date)

     

     


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  • "No te pude ver"

    photo Katia Chausheva

     

    "Je n'ai pas pu te voir

    Quand tu étais célibataire,

    Mais mariée, je te trouverai…

    Mariée, et en pèlerinage, 

    Je te dévêtirai quand minuit sonnera"  (Lorca)

     

     

     

    photo Katia Chausheva  ici 


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    "Je vivais de ton regard (ce n'était pas un bien grand fétichisme ; tout le monde peut vivre divinement dans  un regard comme le tien) je n'avais pas sous mes pieds de sol vraiment à moi et cela me faisait grand-peur, sans que je le sache de façon certaine ; je ne me doutais pas de la hauteur à laquelle je planais au-dessus de mon propre terrain. Ce n'était pas bon ; ni à mon sens, ni au tien. Il a suffi d'un mot de vérité, d'inéluctable vérité, pour me faire descendre un peu, d'un autre pour accentuer la chute, et finalement rien ne m'arrête plus, je tombe, et il me semble que c'est toujours trop lentement..." (Franz Kafka. Lettres à Milena) 

     

    photo Katia Chausheva  ici  


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    ERRANCE. Bien que tout amour soit vécu comme unique et que le sujet repousse l'idée de le répéter plus tard ailleurs, il surprend parfois en lui une sorte de diffusion du désir amoureux ; il comprend alors qu'il est voué à errer jusqu'à la mort, d'amour en amour.

    [...]

    Le long d'une vie, tous les "échecs" d'amour se ressemblent (et pour cause, ils procèdent tous de la même faille), X... et Y... n'ont pas su (pu, voulu) répondre à ma "demande", adhérer à ma "vérité" ; ils n'ont pas bougé d'un iota leur système; pour moi, l'un n'a fait que répéter l'autre. Et cependant, X... et Y... sont incomparables ; c'est dans leur différence, modèle d'une différence infiniment reconduite, que je puise l'énergie de recommencer. La "mutabilité perpétuelle" (in inconstancia constans) dont je suis animé, loin d'écraser tous ceux que je rencontre sous un même type fonctionnel (ne pas répondre à ma demande), disloque avec violence leur fausse communauté : l'errance n'aligne pas, elle fait chatoyer : ce qui revient, c'est la nuance. Je vais ainsi, jusqu'à la fin de la tapisserie, d'une nuance à l'autre (la nuance, c'est ce dernier état de la couleur qui ne peut être nommé, la nuance, c'est l'Intraitable).

    Roland Barthes. Fragments d'un discours amoureux. 1977 

    Photo Katia Chausheva : "Essere"

     


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