• Brise marine (Stéphane Mallarmé)

     

    Essaouira

     

    La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.

    Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres

    D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !

    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

    Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

    O nuits ! Ni la clarté déserte de ma lampe

    Sur le vide papier que la blancheur défend

    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

    Lève l'ancre pour une exotique nature !

    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

    Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !

    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages

    Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...

    Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

     

    Stéphane Mallarmé (1842-1898)

     

     

     

    La chair est joyeuse mon ami, et j’ai tant à lire encore…

    Fuir bien sûr, fuir ! Faire l’oiseau ivre, au-dessus de l’écume et des vieux jardins moussus derrières les grilles… Rien, rien ne retiendra mon âme qui dans tes yeux se perd, rien ne retiendra mon cœur échoué dans la corbeille de tes mains…

    O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe sur le vide noir du tapis, ni le souvenir de l’enfant serré contre mon sein… Je partirai, un jour je partirai…

    Lève l’ancre pour un lointain pays, capitaine, ô mon capitaine, crois encore à l’adieu des mouchoirs… Crois à ce lointain perdu, à cette plage déserte, loin de tout,  loin de tout… Loin du bruit et de la fureur, loin des vaines querelles des peuples cherchant le bonheur…

     

    eva, 29 septembre 2012 (lettre à Mallarmé)

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  • Commentaires

    8
    Dimanche 7 Octobre 2012 à 10:18

    Partir ne peut pas être pour moi un pis-aller, l'ultime voie, partir est au contraire un acte salvateur vers la liberté...

    7
    Dimanche 7 Octobre 2012 à 08:43
    Un beau dialogue ; au dessus planent les goélands, haut, très haut.
    Jonnatham Livingstone, ivre de liberté, s'est chargé, je crois, de porter la réponse d'Eva à son destinataire.
    6
    Mardi 2 Octobre 2012 à 17:54
    • "un jour je partirai, pour un lointain pays, pour une autre patrie..." c'est le début d'une chanson de Graeme Alwright que je n'ai jamais pu retrouver nulle part...
    5
    Mardi 2 Octobre 2012 à 10:41
    Quand partiras-tu pour ce hâvre lointain ma chère Eva ??? un jour n'est-ce pas ! Bisous mon Eva si prête aux voyages !!!
    4
    Dimanche 30 Septembre 2012 à 10:31

    la réponse est signée... elle est de moi. Lorsque c'est une citation, je donne le nom de l'auteur, et parfois un lien vers un autre site... Bon dimanche Jeanmi

    3
    Dimanche 30 Septembre 2012 à 07:50
    Dommage de ne pas savoir de qui est la réponse....
    2
    Dimanche 30 Septembre 2012 à 00:26

    la réponse aussi ?  

    1
    DAN
    Samedi 29 Septembre 2012 à 22:42
    Cela aurait pu être écrit au Havre ma foi !
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