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    Nausicaa

     

     

    Alors la princesse Nausicaa dit à Ulysse :

     

    « Je suis la colline et le ciel, la mer et le rocher, la voile et l’écume,

    Je suis cette partie de l’univers qui s’offre et se dérobe,

    Ta part d’ombre et de lumière,

    Cette part de toi que tu redoutes et qui t’attire, loin d’Ithaque et de Pénélope,

    Cette part de toi que tu veux ignorer mais qui existe malgré tout,

    En filigrane, une ombre dansante, absurde et fugitive, démente et légère,

    Puissante, inaliénable, nécessaire…

    Tour à tour élixir, alcool, poison, drogue interdite, et baume secret. 

    Je te tiens par les chevilles, et par les yeux, tu es mon prisonnier un instant,

    Un instant et pour toujours… »

     

                                                                                       eva, jeudi 8 avril 2010 © 

     

    (Lorsque Ulysse rentra sur Ithaque, seul son vieux chien le reconnut…)

     


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    Franz von Stuck (Salomé)


    Illustration : Franz von Stuck (la danse de Salomé)

    Lettre de Jean-Baptiste à Salomé (fiction)

     

    Ma très chère Salomé bien aimée,

     

    J’ai su que c’est à toi que je dois mon supplice et ma mort…

    Je ne t’en veux pas Salomé. Moi-même n’aurais pas su résister à la grâce de la danse que tu as donnée pour Hérode. Tu es belle et  rien ne peut égaler le plaisir de te voir bouger en musique.

     

    Tu es « le serpent qui danse » comme l'écrira Baudelaire longtemps après…
    Nous serons tous morts, mais ton image restera dans le souvenir de chacun. Tu es la grâce divine, divine ou diabolique, à laquelle nul ne peut échapper… Tu es ma belle et ma cruelle, tu es ma suave et ma douce Salomé, tu es mon bourreau adoré…

     

    Je te retrouverai Salomé…

    Dans une autre vie, je te reconnaîtrai, je marcherai à ta rencontre portant ma tête sur un plateau d’argent, et je te l’offrirai moi-même comme tu l’as exigé d’Hérode…

    Je t’aime tant que tu ne pourras pas m’oublier… Mon souvenir sera ta hantise, et ma tête te sourira dans ton sommeil… Jamais tu n’auras la paix, Salomé : je serai toujours entre toi et les hommes qui te tiendront dans leurs bras… Pour toujours je serai ton enfer et ton enfermement, ton purgatoire et ton regret… Je serai ta malédiction amoureuse…

     

    Adieu donc Salomé, adieu ma belle, et souviens-toi que je t’aime plus fort que la mort…

     



    Légende : Selon un texte apocryphe, la Lettre d'Hérode à Pilate, Salomé mourut en passant sur un lac glacé : la glace se brisa et elle tomba jusqu'au cou dans l'eau. La glace se reforma autour de son cou, laissant apparaître sa tête comme posée sur un plateau d'argent. On situe généralement cette légende au lac de Barbazan (Haute Garonne) près de Saint Bertrand de Comminges. (Source Wikipedia)

     


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