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    Lettre de Gérard Depardieu à Patrick Dewaere.

     

     

     

    "... Ce n'est pas tellement que tu n'avais plus envie de vivre, mais tu souffrais trop de vivre...

     

    [...] Je te le dis maintenant, sans gêne et sans en faire un drame, j'ai toujours senti la mort en toi. Pis, je pensais que tu nous quitterais encore plus vite. C'était une certitude terrible que je gardais pour moi. Je ne pouvais rien faire, j'étais le spectateur forcé de ce compte à rebours. Ton suicide fut une longue et douloureuse maladie. Quand j'ai su que c'était fini, je me suis dit : bah oui, quoi, rien à dire. Je n'allais tout de même pas surjouer comme les mauvais acteurs. Et puis je te l'avoue, moi, bien en face, je m'en fous. Je ne veux pas rentrer là-dedans. Je suis une bête, ça m'est égal, la mort connais pas. Je suis la vie, la vie jusque dans sa monstruosité. Il ne faut jamais faire dans la culpabilité, se dire qu'on aurait dû, qu'on aurait pu. Que dalle. Il y avait un défaut de fabrication, un vice, quelque chose de fêlé en toi, Patrick..."

      

     "Lettre de Gérard Depardieu à Patrick Dewaere" Lire le texte entier ici 

     

     


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    Le castrat incarnait une forme de "surhomme" : physiquement plus grand que la moyenne, avec une cage thoracique très développée, il pouvait tenir une note  plus d'une minute, la monter, lui donner des intonations colorées dans ce laps de temps considérable. Un homme féminisé qui avait gardé sa voix d'avant la puberté, le seul être capable de réunir l'inconciliable trilogie homme-femme-enfant fascinait les foules et en était adulé...

     

    Sur le plan sociologique les castrats représentaient un modèle d'ascension sociale, la plupart d'entre eux étaient issus des milieux les plus modestes. Cependant, sur les milliers de castrats en activité au cours du XVIIIe siècle, une vingtaine atteignit une renommée comparable à celle de Farinelli et Caffarelli.

     

    Le film de Gérard Corbiau relate la vie mouvementée d'un des musiciens les plus connus du XVIIIe siècle, le castrat Carlo Broschi dit "Farinelli". Aucun chanteur actuel n'est en mesure d'exécuter les partitions destinées aux castrats ; alors est née l'idée d'utiliser les nouvelles technologies (notamment celles développées à l'IRCAM) pour créer une voix artificielle proche de ce que l'on peut imaginer être la voix d'un castrat. Il a donc été décidé pour ce film, d'enregistrer deux chanteurs aux voix complémentaires : Derek Lee Ragin (contralto) et Ewa Godlewska (soprano colorature) et de créer à partir de ces deux voix, une voix artificielle.

     

    On peut écouter dans la video ci-dessous le même air "Lascia ch'io pianga" interprété par Philippe Jaroussky.

     

     


         

     

     


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    Le bal

     

    Pour rendre hommage à Ettore Scola, j'ai choisi cette video intégrale du film "Le Bal". Elle n'est pas présentée dans une version française, mais cela n'a aucune importance puisqu'il n'y a pas de dialogue dans ce film de 1983, où se déroulent cinquante ans d'histoire politique et sociale en France, sous les pas de danseurs s'agitant sur une même piste. Le Front Populaire, la Seconde guerre mondiale, la Libération et mai 68 sont évoqués sur fond de jazz, de rock and roll et de musique disco. La sortie du film en France connait un succès retentissant : 4 Césars et 1 Oscar.

    Un film majeur dans la carrière du dernier géant du cinéma italien.

     

    En 2004, Ettore Scola disait à Libé : "Ils sont tous morts, mes amis les acteurs du grand cinéma italien. Mastroianni, Gassman, Tognazzi, Sordi, et Manfredi récemment. Pas de tristesse, non, car il me reste la joie de les avoir si bien connu et d'avoir travaillé avec eux, et l'émotion de les revoir, encore et encore. Car pour nous autres mortels, les films restent pour toujours. Et ces acteurs sont plus vivants que les autres : ils apparaissent tels quels."

     

    On pourrait dire la même chose de son cinéma...

     

     

     

     


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    Nous-nous-sommes-tant-aimes.jpg

     

          Trois camarades, frères d'armes pendant la résistance, attachés au même idéal de justice et de progrès social, célèbrent la fin de la guerre et la chute du fascisme en Italie. Gianni termine ses études de droit à Rome, Nicola enseigne dans un lycée de province, Antonio se retrouve modeste brancardier-infirmier. C'est une période d'espoir et d'euphorie.

     

    Tous trois, à des périodes différentes vont aimer Luciana, aspirante actrice. 

     

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          "Nous voulions changer le monde, c'est lui qui nous a changés" 

     

    C'est Antonio, le prolétaire, qui restera le plus fidèle à ses convictions, à son idéal, à son amour. Nicola, l'intellectuel, abandonne femme et enfant poursuivant des rêves chaotiques d'écriture et de critique de cinema, Giani avocat en quête de clients, épouse la fille d'un grossier parvenu. Le hasard les feront se rencontrer à nouveau, mais ils ne sauront plus se parler... La communication entre eux est devenue bien différente de celle de leur jeunesse.

     

    Le film de Scola entérine les défaites d'une génération tout en rendant hommage à l'art populaire du cinema qui a su refléter les espérances de toute une nation. Par ailleurs c'est un film très féministe, il fait la part belle aux femmes : elles seules restent en prise avec la réalité. 

     

    1977 : césar du meilleur film étranger et du meilleur réalisateur pour Ettore Scola. avec Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, Nino Mangredi, Stefano Satta Flores, Giovanna Ralli, Aldo Fabrizi.


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