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    Hypatie d'Alexandrie.

     

     

    L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique vers 440 :

    "Il y avait dans Alexandrie une femme nommée Hypatie, fille du Philosophe Théon, qui avait fait un si grand progrès dans les sciences qu'elle surpassait tous les Philosophes de son temps, et enseignait dans l'école de Platon et de Plotin, un nombre presque infini de personnes, qui accouraient en foule pour l'écouter. La réputation que sa capacité lui avait acquise, lui donnait la liberté de paraître souvent devant les Juges, ce qu'elle faisait toujours, sans perdre la pudeur, ni la modestie, qui lui attiraient le respect de tout le monde. Mais parce qu'elle avait amitié particulière avec le préfet romain Oreste, elle fut accusée d'empêcher qu'il ne se réconciliât avec Cyrille. Quelques personnes transportées d'un zèle trop ardent, qui avaient pour chef un Lecteur nommé Pierre, l'attendirent un jour dans les rues, et l'ayant tirée de sa chaise, la menèrent à l'église nommée Césaréon et la tuèrent à coups de pots cassés. Après cela ils hachèrent son corps en pièces, et les brûlèrent dans un lieu appelé Cinaron. Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d'infamie non seulement Cyrille, mais toute l'Eglise d'Alexandrie, étant certain qu'il n'y a rien si éloigné de l'esprit du Christianisme que le meurtre et les combats. Cela arriva au mois de Mars durant le Carême, en la quatrième année du Pontificat de Cyrille, sous le dixième Consulat d'Honorius, et le sixième de Théodose."

     

    Selon Anne-Françoise Jaccottet, "Hypatie d'Alexandrie est une figure idéale pour illustrer les rapports que notre culture moderne et contemporaine entretient avec l'Antiquité, pour alimenter nos réflexions sur la construction de notre imaginaire. Pourquoi Hypathie ? Par sa personnalité, son parcours particulier et sa fin tragique, cette femme mathématicienne et philosophe est devenue dès la Renaissance une figure emblématique utilisée jusqu'à nos jours comme porte-parole de causes aussi diverses que l'anticléricalisme, le romantisme hellénisant, le positivisme ou encore le féminisme." (source http://edl.revues.org/390 )

     


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