• François Augiéras, le peintre...

     

     

    "Il y a quelques jours, par un temps radieux, je suis allé à la campagne, emportant une étoffe peinte que j'ai clouée dans une carrière d'argile pur. Elle était belle, elle tenait bien face au réel, parmi les rayons de la lumière. Quelques étoffes... et le ciel.

    Quand j'habiterai plus tard une maison-forte entourée de murailles crénelées, j'aimerais avoir sur mes murs, peut-être autour de ma cour, quelques grandes étoffes, un peu semblables à celles des monastères du Tibet, aux tapisseries péruviennes. Là j'y vivrai sans meubles avec seulement quelques coffres, et peut-être un disciple.

    Un nouvel Art barbare, en accord, et surtout subordonné à un style de vie orientée."

    François Augiéras

    (Les Irréguliers, Editions de la Différence, Augiéras le peintre)

    la plupart des toiles d'Augiéras ont été perdues, certaines laissées par lui dans la nature, parce que disait-il, une œuvre doit vivre en liberté sa vie de création, sa vie en dehors de son créateur.

    lettre-a-francois-augieras-

    « "Sans toi je ne vois rien" Incontro (Cesare Pavese) »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    10
    El duende
    Samedi 3 Décembre 2016 à 09:37

    La toile est étonnante. D'une grande modernite. Et les coloris sont tellement subtils. Quand à son détachement, la société a dû le traiter de fou. Mais il parle de disciple.. il avait dû être influencé par l'orient... 

      • Samedi 3 Décembre 2016 à 16:05

        Bien entendu, il a subi maints examens psychiatriques ! (...mais qui est fou, qui ne l'est point ?)... Les spécialistes n'ont rien trouvé qui puisse le faire entrer dans une catégorie (tout au plus ont-ils détecté une activité cérébrale plus impressionnante que la normale !!!...

        François a poursuivi toute sa pauvre vie un rêve qui n'était pas de ce monde... 

    9
    Jeudi 1er Décembre 2016 à 15:37

    Bonjour Eva

    Je reprends la balade des blogs...et j'ai relu ta lettre ! très belle

    Merci Eva,  je t'embrasse

    8
    Jeudi 1er Décembre 2016 à 11:39

    Bonjour Eva,

    Merci pour ce beau billet consacré à cet homme singulier et si attachant dont le choix de vie étonne et séduit en ces temps où tout se montre, tout doit être vu. J'aime la toile que tu as choisie pour illustrer ta page. Quant à ta lettre (en lien), tu as un vrai talent pour restituer tes émotions, pour faire partager tes souvenirs et tes passions ! Et j'aime cette idée que grâce au blog, les articles vivent et réapparaissent quand on le désire. Bonne journée Eva !

      • Jeudi 1er Décembre 2016 à 15:22

        Hé oui Nicole ! c'est magique ! tout comme les voyages par procuration à Chypre !... smile

    7
    Catherine
    Mercredi 30 Novembre 2016 à 17:38

    J'ai quelques livres de lui, singulier personnage, apprécié de Gide (le désert en passion commune), mais j'ignorais qu'il peignait. Cette toile est très belle, nettement influencée par l'art berbère, je pense.

    Encore une perle que vous nous avez dénichée ! Merci !

      • Catherine
        Samedi 3 Décembre 2016 à 11:02

        Merci Eva, je n'avais pas vu cet autre billet, très beau. Que je viens de regarder bien sûr ! Il faut que je reprenne ses livres , achetés dans les années 70, dans cette belle édition Fata Morgana , et aussi un numéro de Masques ( N°13, 1982) où il y a un dossier très complet, et un article du Monde du 29 juillet 2006. Vous avez sans doute toutes ces références, mais si ça peut intéresser d'autres personnes...! Je ne me souviens pas du tout comment je l'ai découvert.....Par Gide ...? Le Sahara...? je ne connais pas du tout la Dordogne.

        Merci encore ! C'est toujours avec jouissance que je me replonge dans des lectures anciennes, un peu oubliées....

      • Jeudi 1er Décembre 2016 à 10:26

        Bonjour Catherine... Sur mon autre billet (en lien) consacré à Augiéras, on peut voir cette lettre de Gide qui a consacré le merveilleux de son premier livre (un diamant "le viellard et l'enfant" : de la poésie étincelante). Augiéras réalisait également des icônes dans la tradition des moines orthodoxes... Un personnage singulier voué à l'oubli (et c'est la raison pour laquelle je l'ai tant aimé)

    6
    DAN
    Mercredi 30 Novembre 2016 à 17:24

    Un artiste qui s’évertuait à ne pas s’attacher aux choses, peut-être avait-il raison, quand on voit ce vers quoi on va !

      • Jeudi 1er Décembre 2016 à 10:18

        Un artiste tellement détaché de tout qu'il est resté très "confidentiel".... peu d'écrits peu lus, et quelques toiles échappées à l'oubli total...

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :