• L'école de l'amour (Nizar Qabbani)

     

    L'école de l'amour (Nizar Qabbani)

     

     

    " Votre amour, Madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse

    Et moi, avant votre amour,

    Je n'étais jamais entré dans les cités de la tristesse

    Je ne savais pas que les larmes sont l'humain

    Que l'humain sans tristesse ne sont que le souvenir de l'humain.

    Votre amour m'a appris à être triste,

    et depuis des siècles, j'avais besoin d'une femme qui me rende triste.

    D'une femme entre les bras de qui je pleurerais comme un oiseau,

    d'une femme qui ramasserait mes débris tels les éclats d'un vase brisé...

    Votre amour, Madame, m'a enseigné les pires manières

    [...] Il m'a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues

    Et à pourchasser votre visage sous la pluie et dans la lueur de la Lumière,

    A cueillir de vos yeux des millions d'étoiles !

    ô femme qui a bouleversé le monde, ô ma douleur !

    Votre amour, Madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse...

    [...] Votre amour m'a appris à me conduire comme un enfant

    A dessiner votre visage avec la craie sur les murs

    ô femme qui a bouleversé mon histoire

    Je suis égorgé en vous... de bout en bout 

    Votre amour m'a appris comment se modifie le cours du temps

    que lorsque j'aime, la terre cesse de tourner,

    Il m'a appris les choses qui ne m'étaient jamais venues à l'esprit

    Alors, j'ai lu les contes d'enfant

    Je suis entré dans les palais des merveilles

    Et j'ai rêvé de mon mariage avec la fille du Sultan

    la fille aux yeux plus clairs que l'eau des baies

    celle aux lèvres plus tendres que la fleur du grenadier

    Et j'ai rêvé que je l'enlèverai comme le firent les princes cavaliers

    Et j'ai rêvé que je lui offrirai des colliers de perles et de coraux...

    Votre amour, Madame, m'a enseigné ce qu'est le délire

    Il m'a appris comment le temps s'enfuit

    sans que vienne la fille du Sultan

    sans que vienne la fille du Sultan

    sans que vienne la fille du Sultan."

     

    Nizar Qabbani (L'école de l'amour)

     

    source de l'illustration : link

     

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  • Commentaires

    6
    colette
    Vendredi 8 Août 2014 à 18:06
    Bonsoir Eva
    Ne connaissant pas l'auteur de cette fascinante "école de l'amour", je suis allée sur wikipedia (l'article est très fourni), j'ai aussi trouvé ceci, extrait de Dessin avec des mots, "Quand un homme désire une femme, il souffle dans une corne mais quand une femme désire un homme, elle mange le coton de son oreiller"...
    Une fois encore merci pour cette belle page !
    5
    Mardi 21 Mai 2013 à 18:43

    Peut-être bien que la traduction (que j'ai trouvée sur le net) est un peu maladroite à cet endroit, mais j'ai laissé volontairement ainsi parce que je n'ai pas vu comment remplacer cela... 

    ça n'a pas d'équivalence... Comment dire autrement à l'aimé(e) : votre amour me fait tellement souffrir qu'il est comme un rasoir tranchant, et me fait verser des larmes de sang ? Comment dire à un amour qu'il est si terrible que l'on est à genoux, la gorge offerte, prêt à se laisser trancher et se vider de son sang ? Lui, le poète, il a dit tout ça en 5 mots...

    4
    Mardi 21 Mai 2013 à 17:08
    "je suis égorgé en vous"...
    J'adore et savoure les mots avec délectation
    3
    Dimanche 19 Mai 2013 à 23:03

    ah oui, en effet, on trouve ça sur wiki !  ça décrit bien l'oppression des femmes !  ça m'avait échappé lorsque j'avais préparé les précédents articles sur Qabbani...

    http://eva.baila.over-blog.com/article-balkis-nizar-qabbani-107147703.html

    en bas de ce billet, il y a un lien avec une biographie

    et aussi :

    http://eva.baila.over-blog.com/article-nizar-qabbani-poeme-a-balkis-107261192.html

    2
    Dimanche 19 Mai 2013 à 15:15

    Avant de l'aimer, il ne savait pas ce que c'était que la tristesse, avant de l'aimer, il ignorait que le temps peut s'arrêter, avant de l'aimer il n'avait jamais eu de désir de razia, avant de l'aimer, il ne savait pas que le temps s'enfuit sans que vienne jamais la fille du Sultan... et elle ? elle ne savait pas non plus...

    Bon week-end de Pentecôte Dominique. Bises

    1
    Dimanche 19 Mai 2013 à 12:59
    Magnifique ! J'en apprends des choses grâce à vous! Merci pour ce beau partage. je vous embrasse. Bon WE. Dominique
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