• là-bas...

     

    allée ombragée2

     

     

    Sa voix était douce, soyeuse, et son accent de nulle part : elle prononçait toutes les syllabes, avec une intonation gourmande, à peine chantante,  faisant à peine danser les mots à son oreille...

     

    Elle lui dit alors :

    "Tu aimes l'impressionnisme, que l'on contemple avec émerveillement en clignant des paupières pour faire vibrer la lumière, tu aimes Monet que j'aime aussi, mais je vais t'apprendre le surréalisme... Regarde bien...

    Tu vois ce tableau, tu vois cette allée ombragée ? C'est ici que l'on se quitte..."

     

    Alors, elle lui donna un baiser citron, un baiser loukoum, le dernier...

     

    Et lui, tout interdit de surprise, avant qu'il ait pu faire un geste, il la vit franchir le cadre du tableau, et s'éloigner dans l'allée bordée d'arbres frémissants... Elle s'éloignait lentement sans se retourner, elle s'éloignait vers l'enfant qu'elle n'avait jamais été, elle s'éloignait avec ses rêves à lui et ses douceurs cruelles, elle s'éloignait pour ne plus devenir qu'un point à l'horizon... Un tout petit point, celui qu'on désigne dans la règle de la Perspectives par "point de fuite"... Et il se souvint brusquement qu'elle avait dit qu'en amour, la seule victoire était la fuite...

     

    eva, le 11 octobre 2012

     

     

     

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