• "La nourriture décentrée" Roland Barthes

     

     

    "Entièrement visuelle (pensée, concertée, maniée pour la vue, et même pour une vue de peintre, de graphiste), la nourriture dit par là qu'elle n'est pas profonde : la substance comestible est sans coeur précieux, sans force enfouie, sans secret vital : aucun plat japonais n'est pourvu d'un centre (centre alimentaire impliqué chez nous par le rite qui consiste à ordonner le repas, à entourer ou à napper les mets) ; tout y est ornement d'un autre ornement : d'abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n'est jamais qu'une collection de fragments, dont aucun n'apparaît privilégié par un ordre d'ingestion : manger n'est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d'une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d'une sorte d'inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l'accompagnement détaché, indirect, de la conversation (...)."

    Roland Barthes (L'Empire des signes) 

     

    « Hommage à BalthusAbandon »

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  • Commentaires

    3
    DAN
    Lundi 8 Mai à 19:26

    ...si, d'ailleurs je commence à avoir faim wink2

    2
    DAN
    Lundi 8 Mai à 18:26

    ...faut suivre quand même erf

      • Lundi 8 Mai à 18:42

        En gros, Roland a démontré que le casse-croûte japonais 1) n'est pas vraiment consistant 2) est essentiellement destiné à décorer la table et accompagner la conversation 3) ne peut pas faire l'objet d'un menu tel qu'on l'entend chez nous (entrée, plat de résistance, salade, fromage, dessert)... Bref, tout ça convient à un appétit d'oiseau !... sarcastic  Mais.... c'est si joliment écrit, par Roland, que j'en redemande.... hein ? toi non ? 

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