• Le roman de Miraut (Louis Pergaud)

     

     

    le Rosay

     

    "Le chien traversa tout le village et s'enfuit, longeant les haies et les fossés, jusqu'à quelques centaines de mètres des premières maisons où il se cacha, écoutant les clameurs fanfaronnes et menaçantes de ses poursuivants. Le courage de ceux-ci tomba d'ailleurs avec la fin du village et, arrivés à la dernière bicoque, ils s'arrêtèrent, n'osant s'aventurer ainsi parmi les ténèbres en rase campagne.

     

    Très déprimé par sa longue course, par la fatigue et par la faim, apeuré par les cris entendus et les cailloux reçus, Miraut n'osa plus effectuer une deuxième tentative pour arriver au pont. Il jugeait ce pays très dangereux, plein d'embûches et d'ennemis et, malgré la nuit noire et le grand silence qui pouvait cacher des pièges, il resta sur ses gardes. L'idée de traverser la rivière à gué ou à la nage ne lui vint pas : il n'y avait pas de rivière à Longeverne et, comme tous les chiens courants d'ailleurs, Miraut redoutant l'onde et sa fraîcheur traîtresse.

      

    Pergaud3

     

    Les maigres ressources qu'offraient les champs dépouillés, l'abri des murs ou le couvert des haies furent vite épuisées, car il n'osait point s'approcher trop près des maisons ni chercher parmi les fumiers. Alors il battit en retraite plus loin et revint vers un autre village qu'il espéra plus hospitalier et dont il se disposait à écumer les alentours. Deux jours s'étaient passés qu'il ne songeait déjà plus, harassé, recru de fatigue, l'estomac et la tête vides, qu'à chercher à manger coûte que coûte. Trois ou quatre jours et trois ou quatre nuits il erra encore ainsi, désemparé, de village en hameau, comme une barque dont le gouvernail est brisé ou fêlé, en ayant bien soin de se dissimuler et de s'enfuir dès qu'il voyait un homme ou une femme et qu'il pouvait supposer que quelqu'un pût se diriger de son côté."

     

                                                                                     Louis Pergaud (Le Roman de Miraut)

     

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  • Commentaires

    18
    Dimanche 24 Avril 2011 à 10:17

    Joyeuses Pâques à toi.

    17
    Dimanche 24 Avril 2011 à 09:18
    j'aime ce cadre et ce paysage,si le temps me le permet cette aprème,je serai à la campagne
    passe d'agréables moments et bisous
    16
    Dimanche 24 Avril 2011 à 08:25
    Ces quelques lignes mettent l'eau à la bouche. Je vais chercher à la bibliothèque, ils l'ont sûrement!
    15
    Samedi 23 Avril 2011 à 22:54

    Oui, toi qui aimes tant les bêtes familières, tu dois lire ce livre, tu verras, le chien retrouve son maître, et les deux ne se quittent plus ! C'est un régal ce Roman de Miraut, si bien écrit et tellement plein de sensibilité...

    14
    Samedi 23 Avril 2011 à 20:04
    Une errance qui me bouleverse. Que se passe-t-il dans la tête d'un chien. Je vais me procurer ce livre !
    13
    Jeudi 21 Avril 2011 à 22:58

    C'est un auteur très attachant, que j'ai adoré quand je l'ai découvert. Bises Dominique

    12
    Jeudi 21 Avril 2011 à 22:51

    Ah c'est bien ! je suis contente ! tu dois pouvoir le trouver en livre de poche...

    11
    Jeudi 21 Avril 2011 à 20:55
    quel cadre magnifique, Eva
    bisous et belle soirée
    10
    Jeudi 21 Avril 2011 à 19:55
    Très belle adéquation entre le texte et vos photos de campagne, délicieusement bucoliques. J'ignorais totalement qu'il s'agissait de l'auteur de "la guerre des boutons". Je viens encore d'apprendre quelque chose grâce à vous. Merci, bises, bonne soirée et bonne nuit.Dominique
    9
    DAN
    Jeudi 21 Avril 2011 à 12:47
    Je ne suis pas très "roman" mais j'ai envie de lire la suite !
    8
    Jeudi 21 Avril 2011 à 12:37
    Il y a très longtemps que j'ai lu ce roman, quelques bribes me sont familières encore néanmoins ... les photos sont bien adaptées, c'est attendrissant !
    des bisous eva, bon jeudi.
    7
    Jeudi 21 Avril 2011 à 09:31
    Pauvre chien errant et belles photos d'une campagne qui semble encore préservée ! Bises Eva
    6
    Jeudi 21 Avril 2011 à 09:25
    bel angle sur la seconde , à bientot Eva...
    5
    Jeudi 21 Avril 2011 à 09:07
    Bon, eh bien avec ces précisions je connaissais bien l'auteur mais uniquement pour "la guerre des boutons".
    Je déteste aussi l'esprit de la chasse, du moins telle qu'elle est pratiquée actuellement. Mais j'aime les chiens, je lirais...
    4
    Jeudi 21 Avril 2011 à 08:56

    C'est un petit coin vallonné du Pays de Bray, un petit coin où l'on n'a pas encore arraché les haies... un petit coin où la rivière "se la coule douce" !

    Quant à Pergaud (il est plus connu pour avoir écrit "La guerre des boutons") il m'a curieusement séduite avec son Roman de Miraut qui est l'histoire d'un chien de chasseur... Je déteste la chasse, mais Pergaud m'a apprivoisée, tant son livre représente la complicité du chasseur avec le chien, avec les bêtes, avec la nature... 

    3
    Jeudi 21 Avril 2011 à 06:31
    joli roman et belle campagne,
    bon jeudi
    2
    Jeudi 21 Avril 2011 à 01:17
    J'avoue que tu me fais faire une découverte littéraire et je t'en remercie ; quant aux photos proposées, la deuxième pourrait être prise à Charmes.
    Existerait-il un "paysage français" ?
    1
    Jeudi 21 Avril 2011 à 01:16
    une identification incroyable.
    bonne nuit
    clem
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