• Meret Oppenheim, le déjeuner en fourrure

     

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    Meret Oppenheim, née en 1913 à Berlin, passe la Première Guerre mondiale en Suisse. En 1932 elle se rend à Paris où elle fait la connaissance des surréalistes qui l'acceptent dans leur cercle. Elle est surtout liée à Max Ernst et Giacometti. Dès 1933 elle fait des dessins conceptuels, où des tracés mécaniques s'imbriquent dans des formes qui rappellent l'écriture automatique. Quelques années plus tard, elle exécute des projets de meubles, d'habits et de bijoux fantastiques.

     

    Avec Oppenheim, apparaît une nouvelle application du principe du collage, par la réunion d'éléments étranges et disparates qui forment une entité surprenante. L'exemple le plus célèbre est le Déjeuner en fourrure de 1936 qui, à peine achevé, est acheté par le Museum of Modern Art de New York. Cet objet rend inutilisable un ustensile connu de tout un chacun - la seule pensée de porter les lèvres à cette tasse fait frémir - transforme un produit de nature minérale en nature organique et fait en même temps référence à des expressions du langage : avoir un cheveu sur la langue, etc... 

     

    C'est aussi une allusion ironique au Déjeuner sur l'herbe de Manet - bien que Meret Oppenheim ait démenti cette interprétation comme intention volontaire - et une critique malicieuse des gens qui prennent leur petit déjeuner vêtus de fourrures. 

     

    Richesse d'associations et multiplicité de significations caractérisent l'oeuvre surréaliste de Meret Oppenheim. Ses travaux des années trente renoncent aux formes artistiques telles qu'elles apparaissent chez d'autres créateurs, comme chez Dali par exemple. Ses oeuvres ont quelque chose de temporaire, de fugace. 

     

    Meret Oppenheim appartient à cette génération de femmes surréalistes dont plusieurs ont participé à l'approfondissement et à l'élargissement des principes surréalistes : parmi elles il faut citer Léonora Carrington, Léonor Fini, Valentine Hugo, Kay Sage, Dorothea Tanning et Marie Toyen.

     

     

    Le déjeuner sur l'herbe (Edouard Manet)

     

     

    « BonheurCordoue (Andalousie) »

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  • Commentaires

    7
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 23:32

    et moi, j'ai un poil dans la main depuis quelque temps !...

    6
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 09:39

    En ce moment, je sens que je traverse une période surréaliste !... Il y a longtemps que cela ne m'était pas arrivé...

    5
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 09:39
    Zai un ceveu zur la langue ;-)
    4
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 09:28
    A ce détournement d'objet s'ajoute la dérision, l'absurde. Je me souviens de la première exposition Dali en 1979 avec notamment les montres molles... Bonne journée Eva.
    3
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 09:03

    Tu as raison Dan, ça va nécessiter un peu de naphtaline ! 

    2
    DAN
    Mardi 10 Décembre 2013 à 22:46
    Il fallait oser créer ces deux œuvres, néanmoins pour la tasse je doute qu'elle passe la barrière temps !
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    1
    Mardi 10 Décembre 2013 à 21:47
    Tout doux mais sans doute pas très pratiques, ces ustensiles de cuisine!
    Bonne fin de soirée.
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