• Vladimir Romantsov ©

     

    Photo Vladimir Romantsov ©

     

    "Oui vraiment, il y avait des ondes, des remous de lumière ; sur la mousse, des étincelles comme des gouttes ; oui vraiment, dans cette grande allée, on eût dit qu'il coulait de la lumière, et des écumes dorées restaient au bout des branches parmi ce ruissellement de rayons..."

    André Gide in "Les nourritures terrestres"

     

     


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  • Pier Paolo Pasolini.

     

     

    Photographie  ©  Katia Chausheva

     

     

     


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    Roubaix, une lumière.

     

     

    La lumière, c’est Daoud – et avec lui la grandeur de l’acteur Roschdy Zem – commissaire de police et enfant du cru, d’emblée méta réel dans les deux registres. Origine maghrébine, souvenirs amers plein la hotte mais sourire absolu, déterminé, supra conscient, ultra-lucide.

    Daoud, c’est le miracle de Noël fait homme. Là où il paraît, la lumière s’allume. Son jeune lieutenant, Louis, l’admire d’autant plus qu’il trompe quant à lui dans le corps policier une vocation avortée à la direction sacerdotale des âmes. Daoud, hétérodoxe, médiumnique, inquiétant et rayonnant à la fois. Tout cela se précise dans la seconde partie du film. Parce que l’incendie dans la cour d’immeuble n’a pas fini de parler. Il masque le cadavre d’une vieille femme détroussée dans son appartement, un acte criminel abject et deux jeunes suspectes, voisines de cour croisées au cours de l’enquête. 

    On a nommé le couple d’amantes déglinguées et décavées Claude et Marie, causes d’un malaise possible dans la réception du film. Le souffle tiède de l’imposture saisit en effet à la vision de Léa Seydoux et Sara Forestier affublées des stigmates ostensibles de la misère, le rouge au nez, le tic aux lèvres, la graisse aux cheveux. On est pourtant ici au cœur du film. Et le défi y est double. Les imposer d’abord au risque de l’invraisemblance, précisément au nom des puissances de la fiction. Les humaniser ensuite au cours du marathon mental que constitue l’interrogatoire mené par Daoud et son équipe. Claude qui résiste et qui manipule l’affaire, au nom de son enfant. Marie qui n’a rien d’autre que Claude dans sa vie pour ne pas mourir sur le champ et qui au contraire les charge toutes deux. Etrange ballet d’aveux et de dénégations, d’arguments retors et de besoin d’expiation, où l’abjection et l’amour se cognent violemment l’un à l’autre. Elles avaient tout de même étranglé la vieille femme pour lui dérober sa télé et du produit vaisselle… Ce film, c'est le témoignage d'une humanité perdue.

    Le crime comme symptôme social, comme violence expiatoire et climax passionnel n’intéresse pas Arnaud Desplechin. Il ne le représente d’ailleurs même pas. Le crime comme témoignage de l’existence et de l’opacité du Mal, sa reconstitution comme reconquête maïeutique – par les mots et par les gestes – d’une humanité perdue, voilà en revanche qui justifie sa recherche sur la possible représentation de l’abjection. Cette longue et poignante reconstitution de l’acte sur les lieux du crime est inspirée d'un fait divers de 2002 : à Roubaix, deux pauvres filles y tuent une pauvre vieille dans l’espoir de lui voler des économies dont elle ne dispose même pas. C’est le propre d’un système qui, tenant pour non profitable à ses intérêts le droit des plus démunis à un minimum de dignité, envoie en connaissance de cause à la casse un peuple de reclus. Roubaix, une lumière montre qu’en vérité ce spectacle nous concerne et cette violence nous atteint.

    Source Le Monde

     

    Ce n'est pas un film policier, c'est un conte de Noël version "très noire", c'est la ville natale d'Arnaud Desplechin. Il la filme comme personne car on est dans les ténèbres, dans un monde complètement délabré, avec des maisons de briques trop grandes pour les habitants, avec en plus une misère qui suinte de partout...

     

     


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  • L'île introuvable...

     

     

    Photo Francesco Pagni

    L’isola esiste. Appare talora da lontano

    tra Teneriffe e Palma, soffusa di mistero:

    «l’Isola Non-Trovata! » Il buon Canariano

    dal picco alto di Teyde l’addita al forestiero.

    La segnano le carte antiche dei corsari,

    … Hifola da-trovarfi?… Hifola pellegrina?…

    E’ l’isola fatata che scivola sui muri;

    talora i naviganti la vedono vicina…

    Radono con le prore quella beata riva:

    tra fiori mai veduti settano palme somme,

    odora la divina foresta spessa e viva,

    lacrima il cardamomo, trasudano le gomme…

    S’annuncia col profumo, come una cortigiana,

    l’Isola Non-Trovata … Ma se il piloto avanza,

    rapida si dilegua come parvenza vana,

    si tinge dell’azzurro color di lontananza…

    Guido Gozzano, “Le poesie

     

    Répons d’eva au poète :

    Lîle existe, l’île introuvable…

    L’île aux fées glisse sur ma rétine,

    Je la vois parmi les fleurs jamais imaginées,

    Contre les azulejos et le cuivre, trésors lointains et rutilants…

    L’île s’annonce avec son parfum comme une courtisane,

    Se teinte de la couleur bleue du lointain, 

    Et disparaît rapidement comme une étoile intermittente…

     

     


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