• "Stalker" d'Andrei Tarkovski

     

    "Stalker" d'Andrei Tarkovski

     

    Andrei Tarkovski (4 avril 1932 Zavrajye - Russie / 29 décembre 1986  Neuilly-sur-Seine - France)

     

    biographie http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-909/biographie/

     

    Synopsis de "Stalker" : Dans un pays et une époque indéterminés, il existe une zone interdite, fermée et gardée militairement. On dit qu'elle abrite une chambre exauçant les désirs secrets des hommes et qu’elle est née de la chute d'une météorite, il y a bien longtemps. Les autorités ont aussitôt isolé le lieu, mais certains, au péril de leur vie, bravent l’interdiction. Leurs guides se nomment les «stalker», êtres déclassés, rejetés, qui seuls connaissent les pièges de la zone, en perpétuelle mutation…

    Le film d'Andrei Tarkovski est une fable philosophique, un voyage métaphysique et existentiel, une expérience sensorielle intense, une fiction d'une créativité sans bornes, on y parle avant tout de la vie - de nos vies - en convoquant nos peurs les plus profondes et en se demandant si l'espoir demeure dans un monde régi par la matérialité.

    Pour l'essentiel, le récit se déroule sur deux plans auxquels le cinéaste ne cesse de nous renvoyer : celui de l'image et celui du discours. Guidés par le stalker, deux intellectuels (un écrivain, un scientifique) entreprennent à travers un pays mystérieux, semé de pièges, un voyage qui doit les mener à une " chambre " où ils auront la possibilité, s'ils le désirent, de voir exaucer leurs vœux les plus secrets. Chemin faisant, l'homme de lettre et l'homme de science échangent des idées sur leur métier, leur conception du monde, leur attitude face à l'irrationnel, aux idéologies, au bonheur. Arrivés devant la " chambre ", terme de l'aventure, le scepticisme les paralyse et ils refusent d'en ouvrir la porte.

     

    Cette "Zone" est un endroit "dangereux", qui voudrait piéger ceux qui s'y aventurent sans la respecter, un endroit où la nature est hostile et dont les eaux semblent polluées par des objets pas toujours identifiables. Tarkovski filme dans cette partie centrale une menace perpétuelle, invisible mais pourtant angoissante, un moment du film où la rationalité, incarnée par l'écrivain et le scientifique, s'oppose à l'abstraction et à la foi. C'est parce que le stalker se décrit comme misérable qu'il a de l'espoir et qu'il se dit bouleversé de conduire des passants à la chambre des désirs; au contraire, le scientifique et l'écrivain ne pensent le monde qu'en fonction d'une vérité qui doit aboutir à tout raisonnement, négligeant toute forme de croyance tout comme ils refusent de croire que l'homme puisse s'élever au dessus de sa condition.

    La vision pessimiste de Tarkovski passe donc par des dialogues mais aussi par une esthétique évocatrice et sublime. Le sépia très sombre des deux parties qui encadrent celle de la "Zone" est une façon de décrire un monde délabré et désespéré, un choix qui contraste avec la couleur utilisée dans la partie centrale qui tend vers l'abstraction et marque une forte distance avec les personnages. "Stalker" n'est pas un trip mystique halluciné - même si certaines images nous échappent - c'est un film qui nous regarde droit dans les yeux et qui nous dit que les miracles sont impossibles dans un monde qui rejette la foi. Après 2 h 35 fascinantes de bout en bout, Tarkovski pose sa caméra sur le regard de l'enfant (l'enfant du Stalker) le seul peut-être capable de réveiller les consciences éteintes et de les tourner vers la lumière, ou du moins vers une forme nouvelle de bonheur.

    Tout au long de cette fable étrange, c’est de l’Homme qu’il s’agit au final, de ce qui l’anime, de ce qu’il cherche à tâtons tout au long de sa vie, dans la souffrance et l’obscurité, sans être vraiment capable de l’identifier.

     

     

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  • Commentaires

    3
    Jeudi 27 Août à 08:36
    Henri-Pierre

    Une éblouissante parabole de la condition humaine.
    Et quelles images magnifiques !

      • Jeudi 27 Août à 11:26

        un film bouleversant, un réalisateur extraordinaire que je découvre sur le tard, et qui me fascine...

    2
    Samedi 8 Août à 01:14

    c'est impressionnant !! chaque prise de vue est une oeuvre artistique 

    j'adore 

    gracias pour cette découverte 

    muchos besos

    tilk

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