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    Rabindranath Tagore,  Gitanjali, "L'offrande lyrique"

     

    Il avait dit :

    "Laisse subsister ce peu de moi par quoi,

    je puisse te nommer mon tout.

    Laisse subsister ce peu de ma volonté par

    quoi je puisse te sentir de tous côtés,

    et venir à toi en toutes choses, et t'offrir

    mon amour à tout moment.

    Laisse seulement subsister ce peu de moi

    par quoi je puisse jamais te cacher.

    Laisse seulement cette petite attache 

    subsister par quoi je suis relié à ta volonté,

    et par où ton dessein se transmet dans ma vie : c'est l'attache de ton amour."

     

    Elle avait dit alors :

    "Laisse venir à moi ce peu de toi par quoi,

    je puisse me fondre en toi.

    Laisse fléchir ta volonté par

    quoi je puisse te sentir à mes côtés,

    présent en toute chose, et goûter

    ton amour à tout moment.

    Laisse seulement subsister ce peu de toi

    par quoi tu puisses jamais te cacher.

    Laisse seulement ce fil ténu

    subsister par quoi tu es relié à ma volonté,

    et par où ton dessein se transmet par delà l'infini : c'est l'attache de notre amour"

    eva © 25 janvier 2012 

     

     

     


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    Paco Ibañez chante un poème de Pablo Neruda, sur des photographies de Katia Chausheva ©

     

    "Ciel d'un navire. Champ des collines.

    Ton souvenir est de lumière, de fumée, d'étang calme !

    Au delà de tes yeux, les crépuscules ont brûlé.

    Feuilles sèches de l'automne ont tourné dans ton âme."

     

     

    Un grand merci à Katia Chausheva 


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    La voix grave et veloutée de Paco Ibañez chante en langue basque le magnifique poème de Cesare Pavese, sur des notes douces et mélancoliques.

    Parce que j’aime les mots, et que bien avant d’en comprendre le sens on peut goûter la grâce musicale d’un idiome étranger, j’ai voulu vous faire partager ce chant de Paco, si doux, doux comme la mort « le doux penthotal de l’esprit et des sens » selon Léo Ferré. 

    Parce que tout amour véritable est voué à la mort d’une façon ou d’une autre (par l’incompréhension de l’autre, par son mutisme, l’éloignement, la rupture, la divergence, la séparation en général) le poème de Pavese résonne singulièrement en regard des portraits fantomatiques des muses d’Antonio Palmerini, on retrouve d’ailleurs les thèmes de Pavese dans les photos de Palmerini : les yeux, le miroir, le mutisme, le gouffre du mal-être... 

     

    « La mort a pour tous un regard / La mort viendra et elle aura tes yeux. / Ce sera comme cesser un vice, /

    comme voir resurgir au miroir un visage défunt, / comme écouter des lèvres closes. /

    Nous descendrons dans le gouffre, muets. » 

     

     

     

    Cesare Pavese "la mort viendra et elle aura tes yeux"


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  • Mondes subtils...

     

    "...Mais j'aime les mondes subtils,

    Aériens et délicats

    Comme des bulles de savons.

    J'aime les voir s'envoler,

    Se colorer de soleil et de pourpre,

    Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,

    Puis éclater."

    Antonio Machado

     


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