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    La voix grave et veloutée de Paco Ibañez chante en langue basque le magnifique poème de Cesare Pavese, sur des notes douces et mélancoliques.

    Parce que j’aime les mots, et que bien avant d’en comprendre le sens on peut goûter la grâce musicale d’un idiome étranger, j’ai voulu vous faire partager ce chant de Paco, si doux, doux comme la mort « le doux penthotal de l’esprit et des sens » selon Léo Ferré. 

    Parce que tout amour véritable est voué à la mort d’une façon ou d’une autre (par l’incompréhension de l’autre, par son mutisme, l’éloignement, la rupture, la divergence, la séparation en général) le poème de Pavese résonne singulièrement en regard des portraits fantomatiques des muses d’Antonio Palmerini, on retrouve d’ailleurs les thèmes de Pavese dans les photos de Palmerini : les yeux, le miroir, le mutisme, le gouffre du mal-être... 

     

    « La mort a pour tous un regard / La mort viendra et elle aura tes yeux. / Ce sera comme cesser un vice, /

    comme voir resurgir au miroir un visage défunt, / comme écouter des lèvres closes. /

    Nous descendrons dans le gouffre, muets. » 

     

     

     

    Cesare Pavese "la mort viendra et elle aura tes yeux"


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  • Mondes subtils...

     

    "...Mais j'aime les mondes subtils,

    Aériens et délicats

    Comme des bulles de savons.

    J'aime les voir s'envoler,

    Se colorer de soleil et de pourpre,

    Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,

    Puis éclater."

    Antonio Machado

     


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    Lorca

     

    C’est l’histoire d’une photo, une autre photo semblable à celle-ci, trouvée chez un bouquiniste entre les pages d’un vieux, très vieux livre…

    Federico, très beau évidemment, fixe l’objectif…

    Ses yeux velours disent une passion pour le photographe…

    Sa main a dédicacé au dos de la photo : «Te quiero. Federico »

    « Je t’aime, je te veux. Federico »

     

    Comme le vert, comme le vent, comme le souvenir qui ne passe pas, « te quiero »…  

    moi aussi... toujours...

    eva


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  • Elsa et Aragon, du mythe à la réalité...

     

    Les poèmes d’amour à Elsa par Aragon restent parmi les plus beaux qui aient été jamais écrits. Parmi les plus beaux, mais aussi les plus connus, parce que les plus chantés. Cette poésie a contribué à forger le mythe du couple Aragon-Triolet. Cependant, ainsi que l’écrivait le poète « Il n’y a pas d’amour heureux », et à y regarder de plus près, si elle fut son amour, sa muse et son épouse, son compagnon de route, de lutte, de résistance, elle ne vécut pas un amour heureux : après 35ans de vie commune, elle lui écrit une lettre bouleversante dont voici un extrait :

     

    « La solitude n'est pas le grand thème de mes livres, elle l'est - de ma vie. J'y suis habituée, je m'y plais après tout. A l'heure qu'il est, le contraire me dérangerait. Ce que je veux ? Rien. Le dire. Que tu t'en rendes compte. Mais j'ai déjà essayé, je sais que c'est impossible. Et si tu me dis encore une fois combien juste maintenant tu tiens tout à bout de bras - je casse tout dans la maison ! Je ne mendie pas, rien, ni ton temps, ni ton assistance, ce que je ne supporte pas c'est la manière dont tu te tiens sur la défensive, les barbelés et les fossés. Ma peine te dérange, il ne faut pas que j'aie mal, juste quand tu as tant à faire. Moi aussi je prends sur moi, et même je ne fais que cela. A en éclater, à sauter au plafond. Même ma mort, c'est à toi que cela arriverait."  

     

    Dans la video de l’INA que j’ai choisie, on remarquera qu’Elsa ne quitte pas Aragon des yeux (les yeux d’Elsa, pleins d’amour et d’admiration) contrairement à lui qui n’est occupé qu’à la présentation pérorante  de son ouvrage. Le ton est prétentieux, hautain, désagréable, alors que celui d’Elsa est modeste et naturel. Ces deux documents tendent à montrer qu’Elsa était surtout pour Aragon, un précieux faire-valoir, une femme intelligente, brillante et talentueuse dont le regard amoureux et fervent posé sur lui le confortait dans son ego, son estime de soi. Triste constat ! Un accroc à la légende…

     

     

     on peut lire l'intégralité de la lettre d'Elsa ici

     


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